Stéphane Fougère: BOLOT BAIRYSHEV et NOHON SHUMAROV – Les Chamanes de l’Altaï

BOLOT BAIRYSHEV et NOHON SHUMAROV – Les Chamanes de l’Altaï

Stephane FougereLaisser un commentaire

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BOLOT BAIRYSHEV

et NOHON SHUMAROV

Les Chamanes de l’Altaï

bolot-nohon

Bordée par le Kazakhstan, la Chine et la Mongolie, la République autonome de l’Altaï, dont le mont Ak-Sümer culmine à 4506 mètres d’altitude, est à l’instar de Touva un important creuset de la spiritualité chamanique. Le chant diphonique y est aussi grandement pratiqué et il est en général intégré à l’une des plus importantes expressions artistiques altaïques, l’épopée narrative. Cette dernière constitue un patrimoine culturel de taille puisque l’on y trouve les caractéristiques esthétiques essentielles de la culture littéraire et musicale de l’Altaï.

Usant de l’échelle pentatonique, les épopées développent l’art du mélisme, dont le rôle est assez important dans les mélodies. Les chansons épiques revêtent diverses formes : on y trouve autant des textes philosophiques ou existentiels destinés à guider l’être humain à un niveau supérieur de conscience que des chansons de voyage, des chansons traitant d’animaux, mythiques ou non, des chansons relatives à des saisons ou bien des berceuses.
S’il est deux artistes altaïens dont les noms commencent à émerger en Occident, c’est bien Nikolaï SHUMAROV, alias NOHON, et BOLOT BAÏRYSHEV (ou BIRYSHEV, ou encore BAYRISHEV).

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Le premier, né en 1947, se souvient avoir tout gamin proféré son premier “chant” (qui n’avait alors rien d’artistique…) alors que sa mère le baignait dans la rivière Katun. Après des études à Novosibirsk, une carrière d’acteur puis de producteur d’une troupe de théâtre à Gorno Altaysk, la capitale de l’Altaï, NOHON SHUMAROV s’est découvert une telle passion pour la culture et le peuple de son pays qu’il est devenu professeur de chant guttural dans la seule école altaïque qui enseigne la musique traditionnelle.

Auteur en parallèle de pièces de théâtre et producteur de ballets et d’opéras à caractère traditionnel, NOHON a voyagé dans quasiment toute l’Asie centrale et s’est même produit en Allemagne. Pour avoir travaillé avec les plus éminentes personnalités traditionnelles de l’Altaï, NOHON est devenu un maître du chant diphonique, notamment de l’une des plus anciennes formes de chant de gorge altaïque, le “kaï”, dans lequel seuls le plus bas et le plus haut registres sont utilisés.

Il a ainsi réalisé des enregistrements live parus sur d’obscurs vinyls et cassettes. Ce n’est qu’en 1996 qu’il a réalisé un premier CD en compagnie de son compatriote BOLOT BAYRISHEV, avec qui il est parti cette année-là en tournée dans l’est de l’Europe (Slovénie, Allemagne, Autriche et Suisse).

Bolot

Ayant à peine atteint la quarantaine, BOLOT BAYRISHEV représente une génération (à peine) plus récente d’artistes altaïens. Dixième rejeton d’une famille qui en compte 17, BOLOT a lui aussi été élevé dans les “montagnes dorées” de l’Altaï, dans un milieu assez traditionaliste. C’est sa grand-mère et son oncle qui lui ont du reste enseigné l’art de la guimbarde locale, nommée “komus”. Impressionné par le chant de gorge, BOLOT a parcouru son pays pour recueillir l’apprentissage de plusieurs chanteurs et musiciens de tradition.

C’est en 1992 que sa carrière internationale prend son élan, suite au prix qu’il remporte au fameux festival Voice of Asia qui se tient au Kazakhstan. Un extrait de la prestation de BOLOT figure sur la compilation Voice of Asia – vol.2 parue sur le label Blue Flame, ainsi que dans le coffret Planet Squeezbox. Le public français a pu pour sa part le découvrir dans une performance en solo lors du concert Musiques et Chants des steppes de 2001 au Théâtre de la Ville de Paris, et on suppose que ledit public ne s’en est toujours pas remis !

La discographie CD de BOLOT se résume hélas à cet album réalisé avec NOHON en 1996 (voir plus bas), mais il a réalisé dans les années 1990 une cassette, The White Burkhan, dans laquelle, entre deux pièces solistes de chant ou de topshur (luth à eux cordes), il s’essaye à diverses expérimentations entamées entre 1994 et 1997, allant de la chanson aux arrangements “new age” (Pazyryk) à la chanson électro-ethno-pop (Tai). Mais c’est quand son chant de gorge et ses instruments se fondent dans des paysages sonores ambiant drapés de nappes synthétiques, de bruitages et de percussions samplées (conçus par Y. BORODIN) que BOLOT atteint des sommets et parvient à restituer le climat mystique et surréel de son patrimoine musical (Echo in The Mountains).

Sur une autre cassette publiée en 1996, Axe of Universe, BOLOT joue en duo avec un autre Altaïen, NAGON, tandis que les claviers sont tenus par un certain Joe ZAWINUL (WEATHER REPORT) ! Excusez du peu… Pour la petite histoire, on retrouve BOLOT et NOHON sur le disque The Return du groupe reggae suisse (!) PEENI WAALI (Mensch Records, 1997) ; enfin, au chapitre des égarements compréhensibles, BOLOT et BORODIN ont enregistré la musique d’un spot TV pour la société française Ricard dans le but de promouvoir la vodka “Altaï”. Bon sang, mais c’est bien sûr !… Il est vrai qu’avec ces Altaïens il est facile de se griser…

BOLOT & NOHON – Üch Sümer (1996-Face Music)
Bolot-Nohon

Possédant un éloquent catalogue de productions largement dévouées aux musiques traditionnelles asiatiques, le label suisse-allemand Face Music peut se vanter d’avoir réuni sur ce CD ces deux éminents porte-paroles de la culture altaïque. Même s’il n’a rien d’un “field recording”, Üch Sümer pourrait presque s’apparenter à un document ethnologique sur la tradition des montagnes dorées de l’Altaï.

Tous les styles de chant de gorge locaux y sont représentés : en priorité le “kai”, sur lequel seules la plus haute et la plus basse notes sont requises, mais aussi le “karkiraa”, qui est le son le plus bas que peut émettre une voix humaine, le “sikit”, qui s’apparente à un sifflement, et le “koomoi”, dans lequel les plus hautes et les plus basses notes peuvent être émises simultanément.

Les musiques sont le plus souvent jouées au luth topshur et à la guimbarde komus, mais des vents se font parfois entendre, l’”unguruk” et la flûte “shoor”. De plus, la riche documentation sur l’histoire et la religion en Altaï contenue dans le livret tend à faire de ce disque une véritable introduction à l’univers musical de ce modeste coin de Sibérie.

Mais on ne saurait occulter pour autant les personnalités artistiques de BOLOT et de NOHON, qui se complètent ici admirablement. Au chant kai de l’un répond le karkiraa de l’autre, au topshur fait écho le komus, et nos deux compères changent de combinaison vocale et instrumentale d’un morceau à l’autre, ne jouant du même instrument que rarement (ce qui fait d’une pièce comme Kadyn, entièrement interprétée sur deux flûtes shoor, un moment privilégié). Plusieurs chansons épiques occupent la première moitié du disque ; elles se distinguent des autres chansons folkloriques du fait que leurs textes se présentent sous forme de dialogue.

D’une manière générale, on constate que la poésie altaïque revêt souvent un aspect contemplatif et dévotionnel, car évidemment inspirée par l’environnement naturel. Si les sommets montagneux sont ainsi révérés, c’est assurément parce qu’une fois qu’ils sont franchis on se sent déjà plus imprégné de la dimension divine…

C’est du reste à un niveau d’abstraction supérieur que l’on accède dans la seconde moitié de l’album, avec cette série de pièces instrumentales apparemment improvisées (The Call of The Forefathers, Dance of Cranes…) où la voix devient pure résonance et la moindre note étirée au komus ou à la shoor crée un espace de tension enrobée et de flux élémentaux aux vibrations capricieuses. L’album s’achève sur des pièces chantées solistes, afin de nous permettre d’atterrir en douceur…

NOHON – Altai Maktal (2001-Face Music)
Nohon

Pour son second enregistrement pour le label Face Music, NOHON fait cavalier seul, ou presque. Altai Maktal est à proprement parler son premier CD sous son seul nom, ce qui ne l’empêche pas d’être accompagné sur certains morceaux par un autre musicien, SHANAJDAR, au “dömbra”, une variante du topshur, au komus et à la crécelle “shatra”.

La perspective soliste lui autorise à exploiter plus profondément ses talents vocaux et instrumentaux, dont certains ne se laissaient pas forcément deviner dans le cadre d’un travail en duo comme celui de Üch Sümer. Ainsi NOHON approfondit-il ici ses prouesses vocales au kai et occasionnellement au karkiraa. Le kai, selon NOHON, autorise la voix humaine à reproduire des sons de la nature aussi impressionnants que le bouillonnement d’un volcan, l’écoulement de l’eau des rivières ou encore le rugissement d’un dinosaure (à charge pour chacun de reconnaître lequel…) !

Mêlant thèmes traditionnels et des musiques et des textes de sa composition, NOHON présente dans Altaï-Maktal un répertoire de chants épiques et de prières à sa famille, ses ancêtres et à son environnement naturel. Il s’accompagne généralement au topshur, ce luth à deux cordes dont jouent aussi les Touvas, les Kazakhs et les Mongols.

Mais on appréciera de même son jeu à la guimbarde komus, en particulier sur les trois pièces qu’il joue solo, sans accompagnement d’autres instruments ou même de voix. Plaçant l’instrument contre sa bouche, le musicien le touche avec ses dents de devant tout en manipulant un ressort, la “langue”, de sa main gauche. En changeant la forme de sa cavité buccale – qui fait office de caisse de résonance – l’artiste peut modifier la hauteur de ton, créant ainsi des effets surprenants qui s’apparentent à ceux de synthétiseurs analogiques. Deux autres pièces permettent de goûter le son perçant et grisant de NOHON sur la flûte shoor. On déplore juste qu’il n’y en ait pas plus…

L’enchantement est total d’un bout à l’autre du disque. Bien qu’il nous propulse dans un univers à des années-lumières de chez nous, Altai-Maktal nous renvoie l’écho d’une sagesse qui nous concerne tous. Dans l’une de ses chansons, NOHON pose effectivement des questions essentielles à n’importe quelle culture : «…Si nous oublions notre langue originelle, Survivrons-nous en tant que peuple ? Dans cet univers aux différents visages, serons-nous capables de rester ?»

Label : http://www.face-music.ch/

Réalisé par Stéphane Fougère

https://www.rythmes-croises.org/bolot-bairyshev-et-nohon-shumarov-les-chamanes-de-laltai/


Bolot & Nohon – Maadai-Kara
Bolot & Nohon – Dance of the Cranes
Bolot & Nohon – The Call of the Forefathers

JOHANNI CURTET's appreciation, 2019

Au début des années 1990, alors que je menais des expériences vocales adolescentes, je suis tombé sur un reportage à la télévision dans lequel un homme, asiatique, présentait une technique vocale étrange dans une démonstra-tion basée sur la mélodie de l’Hymne à la Joie de la 9e Symphonie de Beethoven. Fasciné par ce son, je l’appris en autodidacte, sans me préoccuper de savoir com-ment cela se nommait, ni d’où cela venait. Des années plus tard en 2003, après être entré à l’Université Rennes 2, et au moment de préparer une recherche pour le Master, je réalisai que mon nouveau tuteur, Tr1n Quang H2i, n’était autre que cette personne « vue à la télé ». Ce fut le début de nos rendez-vous réguliers au Musée de l’Homme, autour du sonagraphe, mais aussi des enregistrements d’archives dont il s’occupait. Depuis nos premières rencontres, par imprégnation, j’ai suivi son sillon. Si sa pensée ethnomusicologique m’a séduit, j’ai retenu de lui un esprit d’écoute et d’ouverture, un besoin de partager et diffuser son savoir ethnomusicologique le plus largement possible, la nécessité de transmettre de la façon la plus simple et accessible qu’il soit, et la capacité à utiliser le matériau « traditionnel » subtilement dans les processus de création. Même si mon contact intensif avec la Mongolie m’a forgé, la présence de Hai dans ma démarche est permanente. Et pour tout cela, je le remercie infiniment. Au moment où paraissent aux Etats-Unis deux ouvrages rétrospectifs sur ses principaux travaux (2018a et 2018b), puisse cet entretien lui rendre hommage à un tournant de sa vie.J.C.

Extrait de l’article de Johanni Curtet : Tran Quang Hai : P résenter Tr1n Quang H2i le temps d’un entretien n’est pas un exercice facile, tant les facettes de cet étonnant personnage sont nombreuses. Je n’abor-derai pas ici sa carrière de musicien, avec ses quelques 3000 concerts ; ni celle de compositeur, avec plus de 200 chansons vietnamiennes. Je ne m’attarderai pas non plus sur les raisons de son succès reconnu par des distinctions telles que la médaille de Cristal du CNRS (1995), le Prix Spécial du khöömii à Kyzyl en République de Touva (1995), le Prix du meilleur joueur de guimbardes de Molln en Autriche (1998) et la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur (2002). Je souhaiterais insister davantage sur la période qui a construit l’ethnomusicologue et musicien que nous connaissons, né le 13 mai 1944 à Linh Dong Xa au Viêt Nam.Au début des années 1990, alors que je menais des expériences vocales adolescentes, je suis tombé sur un reportage à la télévision dans lequel un homme, asiatique, présentait une technique vocale étrange dans une démonstra-tion basée sur la mélodie de l’Hymne à la Joie de la 9e Symphonie de Beethoven. Fasciné par ce son, je l’appris en autodidacte, sans me préoccuper de savoir com-ment cela se nommait, ni d’où cela venait. Des années plus tard en 2003, après être entré à l’Université Rennes 2, et au moment de préparer une recherche pour le Master, je réalisai que mon nouveau tuteur, Tr1n Quang H2i, n’était autre que cette personne « vue à la télé ». Ce fut le début de nos rendez-vous réguliers au Musée de l’Homme, autour du sonagraphe, mais aussi des enregistrements d’archives dont il s’occupait. Depuis nos premières rencontres, par imprégnation, j’ai suivi son sillon. Si sa pensée ethnomusicologique m’a séduit, j’ai retenu de lui un esprit d’écoute et d’ouverture, un besoin de partager et diffuser son savoir ethnomusicologique le plus largement possible, la nécessité de transmettre de la façon la plus simple et accessible qu’il soit, et la capacité à utiliser le matériau « traditionnel » subtilement dans les processus de création. Même si mon contact ntensif avec la Mongolie m’a forgé, la présence de Hai dans ma démarche est permanente. Et pour tout cela, je le remercie infiniment. Au moment où paraissent aux Etats-Unis deux ouvrages rétrospectifs sur ses principaux travaux (2018a et 2018b), puisse cet entretien lui rendre hommage à un tournant de sa vie.J.C

JOHANNI CURTET & TRAN QUANG HAI , 2018 PARIS

extrait de l’article de Johanni Curtet : “Tran Quang Hai: Explorateur de l’oralite”, Cahiers de l’ethnomusicologie n°32, Geneve, 2019

MARK VAN TONGEREN 's appreciation , 2019

Mark Van Tongeren & Tran Quang Hai

I learned of Hai’s work on overtone singing in the early 1990s. When I got to know him personally, I was astounded and (I will admit) a bit intimidated by his unbridled energy. He loves to share what he does, and he is in fact overflowing with enthusiasm: for overtone singing, for Vietnamese music, for playing the Jew’s harp and spoons, for ethnomusicology, for his constant travels as a performer and teacher

The most prolific researcher in the field of overtone singing is a man with many faces. His name is Tran Quang Hai and you can call him (and all options are correct): Vietnamese or French; a professional musician or a professional musicologist; an instrumentalist or a singer; an improviser or a composer; a traditional, a popular or an experimental musician (all three will do); an expert in Vietnamese traditional musics and an astute chronicler of its year-to-year development in the past decades

Mark Van Tongeren in his article “MARK VAN TONGEREN: Catching up with Tran Quang Hai”, 2019

Tae Darnell: Chakra Chants: An Interview with Jonathan Goldman

Chakra Chants: An Interview with Jonathan Goldman

JONATHAN GOLDMAN

Chakra Chants
An Interview with Jonathan Goldman
 by Tae Darnell for Etherean

Q: You’ve been involved in helping bring awareness of sound healing to the public since the early 80’s. Your latest recording “CHAKRA CHANTS” just won the 1999 Visionary Awards for both “Best Healing-Meditation Album” and “Best Album of the Year”. Do you think this is an indication of a trend toward greater appreciation of the use of sound as a healing modality?

A: I like to think so. When I first began in this arena, there were only a handful of recordings that focused on using sound and music for healing. Nowadays, the market seems to be glutted with them. But unfortunately, many of the ones I’ve encountered that claim to be therapeutic, at least from my perspective, are not. Or, if they do demonstrate therapeutic possibilities, they are not very listenable. I’m extremely honored that enough people thought that “CHAKRA CHANTS” was not only a good album for healing and meditation, but that it was also a good album period.

Q: What do you think is so different about “CHAKRA CHANTS”?

A: Most of the recordings that I’ve created have been very cutting edge. “DOLPHIN DREAMS” which I made for the birth of my son Joshua many years ago, was the first recording that ever featured dolphin sounds. I had initially wanted my son to have a dolphin assisted water birth, but when I discovered that unless we moved to the Soviet Union or New Zealand that wasn’t possible. So, using my knowledge of sound, I created this energy–the morphic field, if you like– on a recording. Such a sonic experience simply wasn’t available, so I created it. The same is true about my other releases.

In the early 1980’s, I first began researching the relationship between sound and the chakras and the more I delved into the subject, the more overwhelmed I became. There were literally dozens of different systems of using sounds that seemed to be successful for resonating and balancing the chakras. But very few of these systems were in resonance with each other. It made for a lot of confusion for me, and also a lot of skepticism. And brought me to the realization of “Frequency+ Intent = Healing” , a very important sonic formula that first appeared in my book HEALING SOUNDS.

Q: Frequency + Intent? What does that mean?

A: Frequency is a way of measuring sound and for me is a metaphor for the actual physical sound itself. Intent is the energy behind the sound. It was the answer that came to me after becoming totally frustrated by seeing that few, if any, of the different systems of chakra resonance agreed with each other. It didn’t make sense. Then my -inner guidance came forth with the “Frequency + Intent = Healing” formula, and suddenly, I could understand how different notes or chants or mantras could all effect the same chakra. It came from the intention of the person creating the sound.

With “CHAKRA CHANTS”, I actually combined a number of different systems for chakra resonance that had never been put together before. In truth, like many of my other recordings, it was an experiment. I really didn’t know if the Sacred Vowel Sounds could work with the Bija Mantras or a harmonically related diatonic scale or Shabda Yoga Sounds or any of the other elements that I wanted to try. Thankfully, they did. I think that the combination of these different systems is one of the reasons why “CHAKRA CHANTS” is so effective. If one of the systems is not in resonance with a listener, there’s a good chance that another is in resonance. Also, I was very conscious of the concept of intention. With my background and training, I was able to concentrate on a specific chakra I was working with and hopefully, put this intention into the sound that I was creating.

Q: You mention resonance a number of times. Could you define it?

A: Well, resonance is simply the natural vibrations of an object. Everything is in a state of motion. From the electrons moving around the nucleus of an atom to planets moving around stars in distant galaxies–there is movement everywhere. And if there is movement, there is vibration and there is sound. This is an ancient understanding that modern science is beginning to accept.

Our body is in a state of vibration. Every organ, every bone, all our different tissues, all our different systems, like the nervous system of the circulatory system, these all create sounds. An analogy I like to use is that the human body is like this wonderful orchestra that is playing an overall harmonic of health. When we are healthy, we are in sound health. But continuing with our analogy, what happens if the second violin player in this orchestra looses their sheet music? They begin to play out of tune, out of harmony, out of rhythm. Pretty soon, the entire string section sounds bad. Soon after, the whole orchestra begins to sound off. With this analogy, this would be what we perceive of as disease!

Right now traditional medicine has the approach of either feeding this string player enough drugs so they simply pass out or cutting this players head off with a surgical instrument–which works at least to get them out of the scene. But what if it were possible to give this string player back their sheet music? What if it were possible to project the correct resonant frequency back into the part of the body that is vibrating out of tune? This is the basic principle of using sound to heal. And it is one of the concepts behind the energy of “CHAKRA CHANTS”.

Q: How so?

A: When I worked with these different systems, whenever a sound was being recorded, my intention was that not only would it resonate a particular chakra, but that it would help balance and align it. This is important because I believe that energy went into the recording and then was received by the people listening to it. I also believe that “CHAKRA CHANTS” is an interesting musical journey. While chanting a mantra in one key for an extended period of time may be effective, for most people, this type of recording becomes tedious and difficult to listen to. I wanted to avoid this type of experience. There are over 48 different tracks-on “CHAKRA CHANTS” -most of them vocal–and while it’s sometimes subtle, there’s actually a lot happening in the recording. Most people find it quite an extraordinary and powerful sonic experience.

Q: Getting back to my first question, do you sense a change in the field of sound and music healing since you first began nearly 20 years ago.

A: Certainly. More and more people are becoming aware of the power of sound and music to heal and transform. More people are looking for music that will help put them into balance and more people are starting to consciously create music that will do this. It can, hopefully, only continue to get better and better.

Q: You’ve worked with Tibetan Monks, Hindu Swamis and Shaman from different traditions, among others. Does any one group really have a handle on sound healing?

A: I think they all do. And no one does. All different aspects of the Creator.

Q: You have two non-fiction books–HEALING SOUNDS and SHIFTING FREQUENCIES. Now, you have just produced THE LOST CHORD, an adventure novel revolving around sound. Why a novel?

A: Because it hadn’t been done before. I like creating things that haven’t been done. Way back before I got into sound healing, back before I was a professional musician, I was a writer. Wrote my first novel when I was 15. So, the energy of creative writing has been in me for a long time. Like most of the things I’m involved in lately, THE LOST CHORD was divinely inspired.

Q: How so?

A: I awoke from a dream. And in the dream, I was writing a novel. I didn’t remember anything about the story itself, I just knew that it was a very “pop” easy to read story. And as I was awakening from the dream, I heard a voice say “Get yourself a Power Book!” I didn’t have a clue what this was, but a week later, I had a fully loaded used lap top computer. And I just began to write. It was like taking dictation. Two months later THE LOST CHORD was completed.

Q: THE LOST CHORD, is set in Boulder, Colorado. It’s about a computer program that produce a series of frequencies which are both highly addictive and create interdimensional portals. It’s told from the viewpoint of a blues guitarist named Christopher Shade. You played lead guitar in bands for many years. How real is the book and how much of Christopher Shade is you?

A: The information about the power and effects of sound is real. The scientific material and the spiritual experiences in THE LOST CHORD are based upon fact. Except for the actual creation of the Lost Chord itself. Most of that information is correct as well, but I threw in a couple of total fabrications in case anyone wanted to try and create it.

Q: Could you create it if you wanted?

A: I wouldn’t, if I could. But I can’t. Although I must admit that when I lead groups of people in sacred chanting, coupling vocalization with visualization we come very close to some of the energy of the Lost Chord. And this idea of humans working with combined consciousness being able to better create the Lost Chord, is definitely in the book. So is the concept of scientific technology versus spiritual teaching and practice. There’s a lot of important material about sound as a healing and transformative modality in those pages that lots of readers who may get turned off by text type books will be able to read and enjoy.

Q: And are you Christopher Shade?

A: Perhaps in another dimension or a parallel life or something, he may be an alter ego of mine. Because he’s very real. But no, he’s not me. Shade cracks me up. I think he is very funny. A total spiritual skeptic who finds himself in incredible situations that he can’t get out of. And Shade keeps denying what’s going on. He just wants to get back to playing guitar in a blues band. But he can’t because he’s going through spiritual awakening and there’s no turning back.

Q: Shade uses the Lost Chord and meets Shamael, the Angel of Sound. Is this being also a total invention of yours?

A: Actually, Shamael is a little known angelic entity who is regarded in some very esoteric traditions as being the “divine herald” and “master of heavenly song”. He is a being I have often encountered in meditation and altered states of consciousness. But never through the Lost Chord.

Q: How would you define your novel? Is it science fiction? Fantasy? Mystery? Metaphysical?

A: All of the above, and hopefully more. First and foremost, it’s an adventure which has within elements of science fiction, fantasy and metaphysics. And music. And sound healing. And shamanism. In truth, as I was writing the novel, I realized that there was the potential of both entertaining and educating the reader. Perhaps, also assisting in the process of enlightenment, if that is possible through books.

Q: Quite a tall order. Anything else?

A: I really just wanted to have fun writing THE LOST CHORD. And I figured that if I had fun writing it, maybe someone else would have fun reading it. Thus far, that seems to be the case. I’ve been getting wonderful response from readers who really have enjoyed it. Some are calling it “THE CELESTINE PROPHECY of Sound”. We’ll see.

Q: Any new recording projects?

A: Sure “THE LOST CHORD: The Recording”.

Q: Seriously?

A: Well, I’m going to take some of the ideas and knowledge about psycho-acoustics that I write about in the novel and apply them to this new recording. But unlike the Lost Chord frequencies in the book, which is generated totally by computers, this will feature lots of real time human vocals and human instrumental players. It will be totally safe. And totally listenable. It’ll be based on sacred ratios and feature toning and chanting and should be just a lovely experience for anyone. Perhaps also, “THE LOST CHORD: The Soundtrack to the Book”, with different musical compositions to depict different episodes of the story. It’s an exciting concept. We’ll see what happens. There are all sorts of possibilities. You never know.

Q: Thank you.

https://www.healingsounds.com/chakra-chants-an-interview-with-jonathan-goldman/

Jonathan Goldman Crystal Bowls Chakra Chants — Navel Chakra Citrine Fire

Jonathan

Goldman Crystal Bowls Chakra Chants — Navel Chakra Citrine Fire

Jonathan Goldman 43,6 k abonnés http://www.healingsounds.com From “CRYSTAL BOWLS CHAKRA CHANTS” by Jonathan Goldman, & Crystal Tones, this piece called “Navel Chakra—Citrine Fire” features Healing Sounds Pioneer Jonathan Goldman and Crystal Tones. Goldman chanted the vocal sounds, including the sacred vowels, bija mantras and harmonics. Crystal Tones played the beautiful harmonically related crystal bowls. It is designed to resonate and balance the solar plexus chakra–the third chakra. The visuals were created by Liquid Light artist Timothy Helgeson who has numerous videos on YouTube. “CRYSTAL BOWLS CHAKRA CHANTS” features 7 extraordinary tracks of music designed to balance and resonant the 7 chakras of the body. It is a Visionary Award winning recording—a favorite among listeners. To enjoy “Navel Chakra–Citrine Fire” as well as the complete recording of “CRYSTAL BOWLS CHAKRA CHANTS “, please visit: http://www.healingsounds.com or other download websites for more details.

Jonathan Goldman – Chakra Chants – Primal Ground (Root)

Jonathan Goldman – Chakra Chants – Primal Ground (Root)

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Titre

Cybele’s Rite

Artiste

Petros Tabouris Ensemble

Album

Musical Instruments in Ancient Greece

Concédé sous licence à YouTube par

The Orchard Music (au nom de OLYMPUS)

Dr. NGUYỄN VI SƠN's appreciation, Houston, Texas, USA, 2018

Since 1966, Tran Quang Hai has given over 3,000 concerts in 70 countries, and has taken part in a hundred or so international traditional music festivals. He has taken part in radio and television broadcasts in Europe, America, Asia, Africa, and Australia.Professor Hai has perfected and made us understand more the Jew’s Harp, the Song of Harmonics, he is the greatest specialist in overtone singing.

Dr. NGUYỄN VI SƠN

Dr. Nguyen Vi Son

Former Assistant Professor at Texas Tech University

Former Assistant Professor at The University of Texas Health Science Center at Houston Careers

Foreword in the book : Tran Quang Hai : 50 Years of Vietnamese Traditional Music and Overtone Singing, 2018, California, USA