© Claire Huteau, 2017

JOHANNI CURTET

Overtone khöömii singing, throat singing, guitar, dombra lute

Born in 1981, year of cock in Décines-Charpieu, and resides in Rennes, Johanni Curtet is a musician, overtone singer and ethnomusicologist. He learnt classical guitar with Jean-Loup Gautret (La Flèche Music School) and Hervé Merlin (Conservatoire of Rennes) while training himself in the chamber music with the guitar quartet Merienda. Following this, he turned into the musical practices of orality, influencing his play from Asia and Africa.

For 10 years, Johanni immersed himself in studying musicology and ethnomusicology at the University of Rennes 2, and specialized in the khöömii (Mongolian overtone singing). Since 2004, he has won several scholarships such as Aegis, International Foundation Nadia & Lili Boulanger, Cultural Aires International Doctoral College in Brittany, American Center for Mongolian Studies and Assistance for Fieldwork of the French Society for Ethnomusicology that allowed him to conduct his research in Mongolia and learn the Mongolian language and culture.

First initiated by Tran Quang Hai, he learnt khöömii from Tserendavaa Dashdorj in the mountainous steppes of the Altai and then Odsuren Baatar at the University of Culture and Arts in Ulaanbaatar.

Artistic director of Routes Nomads Association, Johanni organizes and produces the concert tours of Mongolian overtone singing, and accompanies his master Tserendavaa and his son Tsogtgerel on stage at many festivals.
The African influence in his music comes from his long stay in Cameroon. By participating as a trainer and organizer of the first two editions of Voice of Sahel Festival in Garoua, Cameroon and N’Djamena, Chad (Trans-Saharan Azalaï program initiated by CulturesFrance), Johanni shared music stage with Camel Zekri, Yacouba Moumouni, Alpha Barry, Mounira Mitchala, and also many local musicians from Cameroon (South Team, Douala, bards of North Cameroon) and Chad.
This crossroad of culture he experienced is synthesized in the compositions of Meïkhâneh, a trio in which he plays and continues training himself. Johanni’s play has a major influence of Thierry Robin, with whom he attended two master classes organized by DROM in 2013 and 2014.

Johanni teaches khöömii at the cultural and educational institutions as University of Rennes 2, Théâtre de la Ville, Kreiz Breizh Akademi (DROM), The Philharmonie de Paris and Centre for the Heritage of Instrument-Making; for festivals as Les Orientales or Les Suds à Arles; and for various associations and groups of amateur overtone singers (Tortue Écarlate) or runs individual courses in Rennes.
In the study of khöömii, Johanni focuses on the origin, history, spectacularization, heritagization and transmission of this vocal technique in Mongolia. His researches are accessible through his PhD dissertation entitled The transmission of höömij, an art of vocal timber: the ethnomusicology and history of Mongolian overtone singing (2013, University of Rennes 2), and several academic articles he wrote.

In 2009, at the request of the Mongolian National Commission for UNESCO, he participated in the elaboration of the khöömii nomination for its inscription on the UNESCO Representative List of the Intangible Cultural Heritage of Humanity. In 2014, he taught Mongolian language grammar, Mongolian culture and civilization at INALCO, the National Institute of Oriental Languages and Civilizations in Paris.

References:

Festivals Les Escales, Les Orientales, Le Rêve de l’Aborigène, Classica-Evora-Portugal, Musée des Arts Asiatiques de Nice, Palais des Congrès et de la Culture du Mans…

Recordings:

Chants Diphoniques de l’Altaï Mongol : 1 CD, 1 DVD / Ed. 2008, Buda Musique (distribution Universal)
La maison de L’ivresse, Meïkhâneh, Autoproduction / Ed. 2012, Cas Particuliers, Rennes
La Silencieuse, Meïkhâneh, 1 CD / Ed. 2017, Buda Musique

http://www.meikhaneh.com/en/bio-johanni-curtet-en/

 

ROUTES NOMADES – Johanni Curtet: Le khöömii – chant diphonique mongol

Le khöömii – chant diphonique mongol

« Khöömii » (litt. pharynx) désigne la technique vocale d’une personne superposant intentionnellement plusieurs sons simultanément avec sa voix, dont deux lignes distinctes : une mélodie d’harmoniques réalisée au-dessus d’un son fondamental appelé « bourdon », accompagnés de multiples résonances.

Pratiqué par les peuples mongols et turcs dans toute la zone de l’Altaï (en Mongolie au niveau national ; régions russes de la République de l’Altaï, de Khakassie et de Touva ; Chine au nord du Xinjiang et Mongolie-Intérieure), le khöömii est une technique vocale sans doute très ancienne, dont les origines restent difficiles à dater précisément.  Les légendes racontent que le khöömii viendrait de l’imitation du souffle du vent, des sons de l’eau, du chant des oiseaux. Il est pratiqué par les hommes le plus souvent, mais aussi par les femmes depuis deux générations. Le khöömii est une tradition vivace aux nombreuses facettes et un patrimoine culturel important des peuples mongols.

Concernant l’aspect technique, les harmoniques viennent du bourdon vocal et sont émis grâce à une pression simultanée du pharynx et du diaphragme. Pour effectuer une mélodie, le diphoneur ou « khöömiich », module ses lèvres ou sa langue à l’intérieur de la bouche. Selon la modulation, la hauteur de bourdon et la pression exercée sur la gorge, on trouve de nombreuses techniques de khöömii, identifiables par leurs variations du timbre vocal. Elles se regroupent sous deux styles principaux : le kharkhiraa khöömii (khöömii profond) et l’isgeree khöömii (khöömii sifflé).

  • L’émission kharkhiraa : le diphoneur réalise un bourdon dans une voix de gorge puis, en pressant simultanément sur le pharynx, l’abdomen et le diaphragme, après avoir pris une bonne inspiration, il réalise un son grave qui vibre une octave inférieure au son fondamental produit. Il fait vibrer, en plus de ses cordes vocales, les bandes ventriculaires (ou fausses cordes vocales). Le son grave et rauque que l’on entend au premier plan caractérise le style kharkhiraa. Par-dessus cette double-basse, le diphoneur réalise une mélodie d’harmoniques aigus.
  • L’émission l’isgeree khöömii : le diphoneur produit un bourdon avec une voix de gorge puis, toujours en pressant simultanément sur le pharynx, l’abdomen et le diaphragme, après avoir pris une bonne inspiration, réalise un sifflement harmonique qui peut vibrer de une à plusieurs octaves au-dessus du son fondamental. On entend alors une mélodie d’harmoniques au sifflement très aigu. Isgeree khöömii est aussi appelé nariin khöömii (khöömii aigu), uyangyn khöömii (khöömii mélodieux) et Altain shingen khöömii (khöömii aigu de l’Altaï).

Dans les deux cas, pour le kharkhiraa khöömii comme l’isgeree khöömii, la manière de réaliser la mélodie d’harmoniques est commune. On module l’intérieur de la cavité buccale, soit en ouvrant et en refermant les lèvres, soit en avançant la langue de l’avant vers l’arrière de la bouche, en laissant sa pointe collée au palais, soit en avançant la partie centrale de la langue d’avant en arrière, la pointe de la langue placée contre la partie inférieure des dents.

S’ajoutent à cela des techniques pour enrichir le timbre de la voix et d’autres à caractère ornemental. On peut d’ailleurs les combiner entre elles. Parmi plus d’une vingtaine de techniques existantes, on rencontre notamment bagalzuuryn khöömii (khöömii de gorge), tsuurai khöömii (khöömii écho), khamryn khöömii (khöömii de nez) ou encore dangildakh khöömii (khöömii syllabique). Les diphoneurs utilisent l’émission vocale shakhaa pour chanter les louanges magtaal, en conservant un timbre guttural proche de la phase d’installation du khöömii.

En Mongolie, pratiqué dans le contexte nomade pastoral des régions de l’ouest, suite à sa spectacularisation et son enregistrement à partir des années 1950, le khöömii a été diffusé à grande échelle. Ainsi, à travers la politique culturelle de la période soviétique, il est devenu l’un des emblèmes de la musique nationale mongole, renforcé par sa participation régulière aux tournées internationales dès les années 1960.

Depuis la révolution démocratique de 1990, avec l’ouverture de la Mongolie et l’académisation du khöömii, cette tradition évolue rapidement : les styles et les techniques se multiplient, le répertoire s’étoffe, le développement de son enseignement le fait connaître davantage. On le pratique de nos jours dans tout le pays et aussi à l’étranger.

La diffusion du khöömii à grande échelle a non seulement contribué à sensibiliser le public et multiplier le nombre de praticiens, mais aussi à développer les recherches sur cette technique vocale dans le monde entier. De nombreux travaux académiques ont été produits par des chercheurs de  Mongolie, Russie, États-Unis, France, Japon, Allemagne, Canada etc. dans les disciplines de l’anthropologie, l’ethnomusicologie, l’acoustique, la phonologie et la médecine. Malgré tous ces efforts, force est de constater une lacune importante dans la cohérence et les échanges entre les travaux des chercheurs étrangers et mongols.

Depuis 2010, l’Art traditionnel du khöömii mongol est inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité à l’UNESCO. Les recherches de Johanni Curtet et les enregistrements publiés par Routes Nomades ont contribués parmi d’autres à documenter le dossier de candidature du khöömii auprès de l’UNESCO.

Parmi les diphoneurs invités par Routes Nomades, N. Sengedorj, B. Odsüren et R. Davaajav, D. Tserendavaa, E. Toivgoo et B. Papizan font partie des principaux acteurs du développement du khöömii, tandis que N. Ganzorig, B. Amartüvshin, Ts. Tsogtgerel, D. Batsükh et P. Ösökhjargal représentent la jeune génération des musiciens professionnels avec des expérimentations vocales plus récentes.

https://routesnomades.fr/index.php?mact=News,ma1ef3,default,1&ma1ef3detailpage=76&ma1ef3category=Francais%2A&ma1ef3number=5&ma1ef3lang=fr_FR&ma1ef3moretext=En%20savoir%20%2B&ma1ef3pagenumber=7&ma1ef3returnid=74&page=74

JOHANNI CURTET : La transmission du höömij, un art du timbre vocal : ethnomusicologie et histoire du chant diphonique mongol, thèse de doctorat en Musicologie soutenue par Johanni Curtet, à Rennes 2 (Université de Rennes), France, 12 novembre 2013

JOHANNI CURTET

JOHANNI CURTET

La transmission du höömij, un art du timbre vocal : ethnomusicologie et histoire du chant diphonique mongol

par Johanni Curtet

Thèse de doctorat en Musicologie

Sous la direction de Hervé Lacombe et de Alain Desjacques.

Soutenue le 12-11-2013

à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Arts, Lettres, Langues (Rennes) , en partenariat avec Université européenne de Bretagne (PRES) .

Le président du jury était Luc Charles-Dominique.

Le jury était composé de Sabine Trebinjac, Jacques Legrand.

Les rapporteurs étaient Luc Charles-Dominique, Susanne Fürniss.

mots clés mots clés

  • Résumé

    Cette thèse est une étude ethnomusicologique à dimension historique portant sur la transmission globale du höömij en Mongolie. Pour expliquer l’évolution de cette technique vocale, sont explorés les légendes, les conceptions autochtones, l’histoire des années 1950 au début des années 2010 et la mise en patrimoine pour l’avenir.La première partie montre comment le chant diphonique prend forme dans sa culture. Perçu comme un art du timbre par ses détenteurs, il entretient des relations avec la nature, ainsi qu’un ensemble de techniques vocales et instrumentales issues des contextes rituel et pastoral. Ces fondements du höömij sont ensuite examinés à la lumière de l’histoire de la Mongolie. Entre les périodes soviétique etcontemporaine, la deuxième partie brosse les changements survenus dans la pratique, entre la scène et l’enregistrement. À côté de l’usage rural, se développe une nouvelle forme professionnelle. Tous ces apports ont façonné le chant diphonique mongol dans son état actuel. La troisième partie étudie la transmission à travers l’enseignement et la patrimonialisation. Les maîtres évoluent entre deux pôles : un village de l’Altaï perçu comme le lieu des origines, et une université d’Ulaanbaatar, qui académise la pratique et diffuse son modèle au niveau national. Tout cela participe au processus de patrimonialisation du höömij, desa constitution en emblème musical sous la période soviétique à son inscription sur la liste du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco. Le höömij mongol apparaît dans toute sa contemporanéité

http://www.theses.fr/2013REN20043

Autre version  Accéder sur intranet

Cette thèse a donné lieu à une publication en 2013 par Université Rennes 2 à Rennes

La transmission du höömij, un art du timbre vocal : ethnomusicologie et histoire du chant diphonique mongol

Urbi et Orbi with Johanni Curtet , Tserendavaa & Tsogtgerel

Urbi et Orbi with Johanni Curtet , Tserendavaa & Tsogtgerel

Published on Sep 6, 2012

Urbi&Orbi Création autour du Chant diphonique de l’Altaï Mongol. Tserendavaa & Tsogtgerel : Chants diphoniques de l’Altaï Mongol Johanni Curtet : Chant diphonique Jean Baptiste Henry : Bandonéon Sophie Bernado : Basson, Chant Gildas Boclé : Contrebasse Pierrick Lefranc : Guitare, Composition http://www.urbietorbicreation.com

MEIKHANEH – UULYN NULIMS – 2017 – FR3

MEIKHANEH – UULYN NULIMS – 2017 – FR3

Published on Feb 14, 2017

MEÏKHÂNEH Interview de Johanni Curtet Uulyn Nulims extrait de l’album “La Silencieuse”, Buda Musique, mai 2017. Musique : Meïkhâneh / texte en mongol : Nomindari Shagdarsuren – Johanni Curtet : chant de gorge, chant diphonique, luth dombra Maria Laurent : chant Milad Pasta : percussions, chœurs – À la Péniche Spectacle, Rennes, janvier 2017 Émission “Itinéraire Bretagne”, FR3 Isabelle Rettig Merci à toute l’équipe dont nous n’avons pas les noms.

JOHANNI CURTET : Soutenance de thèse sur le chant diphonique mongol, 12 novembre 2013, Université de Rennes, France.

Soutenance de thèse sur le chant diphonique mongol

nomiko & johanni nov 2013

NOMIKO & JOHANNI CURTET , 16.11.2013 , RENNES

 

Publié le 10 novembre 2013

Johanni Curtet, actif au sein d’Otasie, soutiendra sa thèse sur la transmission, l’ethnomusicologie et l’histoire du chant diphonique mongol, le mardi 12 novembre à 13h30 à l’université Rennes 2. Cette soutenance est publique.

Accès: Salle des Thèses, bâtiment La Présidence 7e étage, Campus Villejean, Place du Recteur Henri Le Moal, Rennes.Métro: arrêt université Rennes 2.

Résumé:La transmission du höömij, un art du timbre vocal :ethnomusicologie et histoire du chant diphonique mongolCette thèse est une étude ethnomusicologique à dimension historique portant sur la transmission globale du höömij en Mongolie. Pour expliquer l’évolution de cette technique vocale, sont explorés les légendes, les conceptions autochtones, l’histoire des années 1950 au début des années 2010 et la mise en patrimoine pour l’avenir.La première partie montre comment le chant diphonique prend forme dans sa culture. Perçu comme un art du timbre par ses détenteurs, il entretient des relations avec la nature, ainsi qu’un ensemble de techniques vocales et instrumentales issues des contextes rituel et pastoral.Ces fondements du höömij sont ensuite examinés à la lumière de l’histoire de la Mongolie. Entre les périodes soviétique et contemporaine, la deuxième partie brosse les changements survenus dans la pratique, entre la scène et l’enregistrement. À côté de l’usage rural, se développe une nouvelle forme professionnelle. Tous ces apports ont façonné le chant diphonique mongol dans son état actuel.La troisième partie étudie la transmission à travers l’enseignement et la patrimonialisation. Les maîtres évoluent entre deux pôles : un village de l’Altaï perçu comme le lieu des origines, et une université d’Ulaanbaatar, qui académise la pratique et diffuse son modèle au niveau national. Tout cela participe au processus de patrimonialisation du höömij, de sa constitution en emblème musical sous la période soviétique à son inscription sur la liste du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco. Le höömij mongol apparaît dans toute sa contemporanéité. Au plaisir de vous y voir!

Le khöömii, chant diphonique de Mongolie, par Johanni Curtet.

Le khöömii, chant diphonique de Mongolie, par Johanni Curtet.

Published on Jul 4, 2018

La médiathèque en partenariat avec les associations Ethnomusika et Routes nomades proposaient le 13 février 2018, une conférence sur le khöömii, chant diphonique de Mongolie grâce à l’ethnomusicologue, Johanni Curtet. Une introduction et démonstration pour appréhender cette technique vocale dans une perspective mongole, à travers la découverte du disque “Une Anthologie du khöömii mongol (Routes Nomades/Buda Musique 2017)”. Johanni Curtet, ethnomusicologue, musicien, diphoneur, chercheur associé EA 1279 Histoire et critique des arts, Université Rennes 2. Directeur artistique de Routes Nomades. À la rencontre du chant diphonique en Mongolie, Johanni Curtet a dû appréhender d’autres conceptions de la transmission, voire d’autres perceptions de l’acte musical que celles portées par sa culture occidentale. Dans une sorte « d’épistémologie humaine », il présentera une vision de sa place de jeune ethnomusicologue, lui même musicien et transmetteur du chant diphonique, dans cette réalité mongole. Il s’appuie sur des vidéos et des enregistrements sonores décrivant, parfois avec humour et distanciation, les réalités culturelles et musicales de Mongolie et son intégration dans ce monde. En partenariat avec Ethnomusika http://publika.ethnomusika.org/ et Routes nomades https://www.routesnomades.fr/