SOUTENANCE DE THÈSE de DOCTORAT DE JOHANNI CURTET À l’UNIVERSITÉ de RENNES, FRANCE, 13.11.2013

SOUTENANCE DE THÈSE de DOCTORAT DE JOHANNI CURTET À l’UNIVERSITÉ de RENNES, FRANCE, 13.11.2013

JOHANNI CURTET in a picutre with all members of the Jury & Tran Quang Hai after the obtention of the title of Doctor of Ethnomusicology from the University Rennes 2, in Rennes, France, November 12th 2013 .



The title of his dissertation :
La transmission du höömij, un art du timbre vocal :ethnomusicologie et histoire du chant diphonique mongol

The transmission of höömij, an art of vocal timber: ethnomusicology and history of mongolian overtone singing .

Cette thèse est une étude ethnomusicologique à dimension historique portant sur la transmission globale du höömij en Mongolie. Pour expliquer l’évolution de cette technique vocale, sont explorés les légendes, les conceptions autochtones, l’histoire des années 1950 au début des années 2010 et la mise en patrimoine pour l’avenir.
La première partie montre comment le chant diphonique prend forme dans sa culture. Perçu comme un art du timbre par ses détenteurs, il entretient des relations avec la nature, ainsi qu’un ensemble de techniques vocales et instrumentales issues des contextes rituel et pastoral.
Ces fondements du höömij sont ensuite examinés à la lumière de l’histoire de la Mongolie. Entre les périodes soviétique et contemporaine, la deuxième partie brosse les changements survenus dans la pratique, entre la scène et l’enregistrement. À côté de l’usage rural, se développe une nouvelle forme professionnelle. Tous ces apports ont façonné le chant diphonique mongol dans son état actuel.
La troisième partie étudie la transmission à travers l’enseignement et la patrimonialisation. Les maîtres évoluent entre deux pôles : un village de l’Altaï perçu comme le lieu des origines, et une université d’Ulaanbaatar, qui académise la pratique et diffuse son modèle au niveau national. Tout cela participe au processus de patrimonialisation du höömij, de sa constitution en emblème musical sous la période soviétique à son inscription sur la liste du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco. Le höömij mongol apparaît dans toute sa contemporanéité.

  • Titre traduit
  • The transmission of höömij, an art of vocal timbre : the ethnomusicology and history of mongolian overtone singing

  • Résumé
  • This thesis is an ethnomusicological study on the global transmission of höömij in Mongolia with a historic dimension. In order to explain the evolution of this vocal technique, this dissertation links the legends, the native conceptions, the history from the 1950’s to the begining of the 2010’s and the patrimonialization for the future.The first part shows how höömij takes place in its culture. Perceived as an art of timbre by its bearers, it maintains relations with nature and a set of vocal and instrumental techniques that derive from ritual and pastoral contexts. These foundations of höömij are then investigated in light of Mongolia’s history. Examinging both Soviet and contemporarytimes, the second part looks into the changes that occured in relation to the stage and recordings. Alongside höömij’s rural function, a newer professional form developed, which has primarily shaped contemporary performance.The third part studies transmission as teaching and patrimonialization. Masters evolve between two poles : a village in the Altai perceived as the very place of origins, and a university in Ulaanbaatar, which academicizes the practice and spread its model to the whole nation. All of this contributes to höömij’s patrimonialization process, from the building of a musical emblem under Soviet times, to its registration on Unesco’s Intangible Cultural Heritage list. Mongolian höömij appears in its whole contemporaneity

thèse de doctorat soutenue par JOHANNI CURTET à l’Université de Rennes le 13 novembre 2013 sous la dirction de Henri Lacombe et de Alain Desjacques.

Président du Jury : Alain Desjacques

Jury est composé de membres suivants : Sabine Trébinjac, Jacques Legrand

Rapporteurs : Luc Charles Dominique, Susanne Furniss

Susanne Furniss, Jacques Legrand, Luc Charles Dominique, Sabine Trébinjac, Alain Desjacques, Henri Lacombe
Sabine Trébinjac
Susanne Furniss
Luc Charles Dominique
Henri Lacombe
Alain Desjacques
Jacques Legrand
Johanni Curtet
Johanni Curtet
Trân Quang Hai
Susanne Furniss, Jacques Legrand, Luc Charles Dominique, Sabine Trébinjac, Alain Desjacques, Henri Lacombe
Johanni remercie les membres du Jury
Nomiko sh
beau père de Johanni
Jeune frère de Johanni
Maman de Johanni, Johanni Curtet
Beau père de Johanni, Johanni Curtet
Johanni Curtet, Trân Quang Hai
Nomiko Sh
Alain Desjacques, Trân Quang Hai
Henri Lacombe, Trân Quang Hai
Jean François Castell, Trân Quang Hai
Nomiko Sh, Trân Quang Hai
Susanne Furniss, Johanni Curtet, Sabine Trebinjac
Alain Desjacques, Henri Lacombe, Jacques legrand et X

JEAN FRANCOIS CASTELL: Cursus de chant diphonique à l’IIMM – Institut International des Musiques du Monde à Aubagne dès la rentrée prochaine avec #johannicurtet (octobre 2020) – master class Batsuh Dorj (avril 2021) !

Cursus de chant diphonique à l’IIMM – Institut International des Musiques du Monde à Aubagne dès la rentrée prochaine avec #johannicurtet – master class Batsuh Dorj !

Grande nouvelle! Ouverture d’un cursus de khöömii à l’IIMM – Institut International des Musiques du Monde à Aubagne dès la rentrée prochaine! L’enseignement sera principalement assuré par Johanni Curtet, accompagné ponctuellement de musiciens mongol ou touva.

Pour découvrir le khöömii mongol ou touva, 2 stages inscrits dans le cursus et ouverts à tous sont proposés: l’un avec Johanni Curtet en octobre 2020 et l’autre avec le soliste touva Batsükh Dorj en avril 2021!

Informations: https://iimm.fr/se_former/

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ENG
Great news! Opening of a khöömii class at IIMM – Institut International des Musiques du Monde, Aubagne, France, from next October! The teaching will be mainly provided by Johanni Curtet, punctually accompanied by Mongolian or Tuvan musicians.

To discover the Mongolian or Tuvan khöömii, 2 workshops included in the curriculum and open to everyone are open: one with Johanni Curtet in October 2020 and the other with the Tuvan soloist Batsükh Dorj in April 2021!

Informations: https://iimm.fr/en/training-2/

Lumière sur le Khöömii ou chant diphonique mongol avec Johanni Curtet et Nomindari Shagdarsuren

Lumière sur le Khöömii ou chant diphonique mongol avec Johanni Curtet et Nomindari Shagdarsuren Publié le 14 avril 2016 par LE GOFF GWENDAL chant diphoniqueEthnomusicologieKhöömiiMongoliemusiqueUNESCOUniversité Rennes 2

Johanni Curtet et Nomindari Shagdarsuren se sont rencontrés en Mongolie autour d’un art musical ancestral : le Khöömii, aussi appelé chant diphonique mongol. Johanni effectuait alors une thèse en ethnomusicologie sur le khöömii avec l’université Rennes 2, tandis que Nomindari travaillait sur l’inscription de cet art vocal aux listes du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Ils monteront ensemble le projet « Routes Nomades » avec le maître de chant diphonique Tserendavaa Dashdorj, une structure qui diffuse le khöömii à travers le monde en organisant des concerts depuis plus de 10 ans. Cette année ils vont sortir une Anthologie musicale du Khöömii chez Buda music.

Le Khöömii

Le Khöömii est une technique vocale mongole. C’est une des nombreuses traditions musicales de ce peuple, mais c’est celle qui a le plus marqué les occidentaux. Ceux-ci l’ont classé dans la catégorie des chants diphoniques. Cette technique vocale tire probablement ses origines d’un besoin de dialogue avec la nature. Cela se remarque dans des sonorités du khöömii qui font, par exemple, penser à des timbres aquatiques : fréquence basse de l’eau qui coule dans le lit d’une rivière, sons aiguës des clapotis de l’eau…

Le chant diphonique est un chant qui peut produire plusieurs fréquences sonores à partir d’un seul organe vocal. On retrouve cette technique un peu partout dans le monde. Pour le Khöömii, il s’agit d’une voix qui dégage un bourdon vocal dont le son est enrichi vers une couleur gutturale. Puis une mélodie d’harmonique complexe est modulée par un déplacement de la langue ou des lèvres. La particularité mongole est ce timbre guttural, une voix de gorge pressée, qui peut superposer jusqu’à cinq sons en même temps.

C’est un chant du quotidien nomade qui se pratique sous la yourte ou près du cheptel. Mais depuis les années 50 il se développe sous la forme d’un art de scène avec des musiciens professionnels. Aujourd’hui les deux formes cohabitent mais la forme scénique prend le dessus. Cette forme spectaculaire véhiculée par les médias locaux (radio, télé), influence beaucoup les pratiquants non professionnels. Inversement, le monde de la scène vient chercher son inspiration dans le mode de vie traditionnel nomade qui constitue les racines culturelles de la pratique.

Davaajav_4_photo_Sh_Nomindari

Le Khöömii appartient à tous les peuples mongols répartis sur plusieurs territoires administratifs d’Asie centrale : la Chine, la Mongolie et la Russie. Chaque peuple développe des techniques originales et c’est ce qui fait la richesse de cet art vocal. Cependant cette répartition peut générer des conflits, notamment lors de l’inscription du Khöömii aux listes du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. En 2009 cet évènement a vu un naître un débat houleux entre la Chine et la Mongolie autour de la propriété de cet art. Même si dans ce genre de cas l’UNESCO préconise des inscriptions transnationales, le Khöömii n’échappe pas aux récupérations nationalistes des hommes politiques.

Mongols-map

En rouge : espace occupé actuellement par les populations mongoles

En orange : limite de l’ancien empire mongol.

L’Anthologie musicale du Khöömii

Après avoir travaillés sur l’inscription du Khöömii aux listes du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, Johanni et Nomindari ont fait le constat qu’il n’y avait aucune documentation générale sur le sujet. Ils ont donc voulu créer un objet de transmission accessible à tous. Cette idée va se matérialiser dans la création d’un disque musical : « L’Anthologie du Khöömii » . Il sera édité cette année en trois langues (Français, Mongol et Anglais). De plus la méthode employée pour la réalisation de ce disque est novatrice en Mongolie. En effet, les précédentes initiatives d’enregistrements étaient isolées et mal documentées. Régulièrement les diphoneurs des steppes ignoraient l’existence de leurs captations sonores car ils n’avaient pas eu de réels retours de la part des précédents chercheurs. Johanni et Nomindari ont donc voulu faire office de bonne pratique en documentant un maximum tous les enregistrements et en demandant un droit de diffusion aux chanteurs ou à leurs familles afin de respecter la propriété intellectuelle.

Ce disque est également un objet qui traduit un certain engagement politique vis à vis de cette tradition. Tous les musiciens, quelle que soit leur notoriété, ont été traités de manière égale au sein de l’Anthologie. Chaque artiste possède une plage sonore sur le disque afin de casser la hiérarchie entre les diphoneurs connus et inconnus. L’accent a été mis sur les chanteurs des steppes et le mode de vie pastoral car c’est le cadre naturel du Khöömii. En fait ce disque veut aller contre l’uniformisation des pratiques car aujourd’hui les gens de la campagne s’alignent beaucoup sur ce qui se fait en ville et à l’université. Il serait dommage que la diversité de cette tradition s’appauvrisse alors qu’elle est très vivace et en pleine expansion. Johanni et Nomindari font le pari qu’une tradition ancestrale peut s’inscrire dans la modernité sans perdre son essence. Ce pari semble d’ailleurs lié au destin actuel de la Mongolie où l’exploitation minière florissante pousse les Mongols à se sédentariser. Malgré tout ces derniers restent attachés aux pratiques socioculturelles du nomadisme.

Cet article a été réalisé à partir d’un entretien avec Johanni Curtet et Nomindari Shagdarsuren le 30/03/2016.

Une tournée avec des maîtres du Khöömii est actuellement en cour en Europe. Elle passera par Rennes le 18 et 19 avril prochain, au Pont Supérieur et à l’opéra.

Ganzorig_photo_Ts_Otgonbaatar
Ösökhjargal_photoDR

Pour aller plus loin :

http://routesnomades.fr/

https://www.facebook.com/routesnomades/

Références photos :

Paysage de Mongolie, Shagdarsuren N.
Davaajaz et Curtet J, Shagdarsuren N.
Carte de répartition des populations Mongoles.
Ganzorig, Otgonbaatar Ts.
Ösökhjargal, DR.

https://www.lairedu.fr/blog/lumiere-khoomii-chant-diphonique-mongol-johanni-curtet-nomindari-shagdarsuren/

Article de Johanni Curtet dans la revue “Cahiers de musiques traditionnelles” : TRAN QUANG HAI : Experimentateur de l’oralité, 21pages, paru 2019

Article de Johanni Curtet dans la revue “Cahiers de musiques traditionnelles” : TRAN QUANG HAI : Experimentateur de l’oralité, 21pages, paru 2019

Article de Johanni Curtet dans la revue “Cahiers de musiques traditionnelles” : TRAN QUANG HAI : Experimentateur de l’oralité, 21pages, paru 2019

Article de Johanni Curtet dans la revue “Cahiers de musiques traditionnelles” : TRAN QUANG HAI : Experimentateur de l’oralité, 21pages, paru 2019entretien_tranquanghai_cem32_2019Download

JOHANNI CURTET & TRAN QUANG HAI

JOHANNI CURTET’s appreciation, 2019

JOHANNI CURTET’s appreciation, 2019

Au début des années 1990, alors que je menais des expériences vocales adolescentes, je suis tombé sur un reportage à la télévision dans lequel un homme, asiatique, présentait une technique vocale étrange dans une démonstra-tion basée sur la mélodie de l’Hymne à la Joie de la 9e Symphonie de Beethoven. Fasciné par ce son, je l’appris en autodidacte, sans me préoccuper de savoir com-ment cela se nommait, ni d’où cela venait. Des années plus tard en 2003, après être entré à l’Université Rennes 2, et au moment de préparer une recherche pour le Master, je réalisai que mon nouveau tuteur, Tr1n Quang H2i, n’était autre que cette personne « vue à la télé ». Ce fut le début de nos rendez-vous réguliers au Musée de l’Homme, autour du sonagraphe, mais aussi des enregistrements d’archives dont il s’occupait. Depuis nos premières rencontres, par imprégnation, j’ai suivi son sillon. Si sa pensée ethnomusicologique m’a séduit, j’ai retenu de lui un esprit d’écoute et d’ouverture, un besoin de partager et diffuser son savoir ethnomusicologique le plus largement possible, la nécessité de transmettre de la façon la plus simple et accessible qu’il soit, et la capacité à utiliser le matériau « traditionnel » subtilement dans les processus de création. Même si mon contact intensif avec la Mongolie m’a forgé, la présence de Hai dans ma démarche est permanente. Et pour tout cela, je le remercie infiniment. Au moment où paraissent aux Etats-Unis deux ouvrages rétrospectifs sur ses principaux travaux (2018a et 2018b), puisse cet entretien lui rendre hommage à un tournant de sa vie.J.C.

Extrait de l’article de Johanni Curtet : Tran Quang Hai : P résenter Tr1n Quang H2i le temps d’un entretien n’est pas un exercice facile, tant les facettes de cet étonnant personnage sont nombreuses. Je n’abor-derai pas ici sa carrière de musicien, avec ses quelques 3000 concerts ; ni celle de compositeur, avec plus de 200 chansons vietnamiennes. Je ne m’attarderai pas non plus sur les raisons de son succès reconnu par des distinctions telles que la médaille de Cristal du CNRS (1995), le Prix Spécial du khöömii à Kyzyl en République de Touva (1995), le Prix du meilleur joueur de guimbardes de Molln en Autriche (1998) et la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur (2002). Je souhaiterais insister davantage sur la période qui a construit l’ethnomusicologue et musicien que nous connaissons, né le 13 mai 1944 à Linh Dong Xa au Viêt Nam.Au début des années 1990, alors que je menais des expériences vocales adolescentes, je suis tombé sur un reportage à la télévision dans lequel un homme, asiatique, présentait une technique vocale étrange dans une démonstra-tion basée sur la mélodie de l’Hymne à la Joie de la 9e Symphonie de Beethoven. Fasciné par ce son, je l’appris en autodidacte, sans me préoccuper de savoir com-ment cela se nommait, ni d’où cela venait. Des années plus tard en 2003, après être entré à l’Université Rennes 2, et au moment de préparer une recherche pour le Master, je réalisai que mon nouveau tuteur, Tr1n Quang H2i, n’était autre que cette personne « vue à la télé ». Ce fut le début de nos rendez-vous réguliers au Musée de l’Homme, autour du sonagraphe, mais aussi des enregistrements d’archives dont il s’occupait. Depuis nos premières rencontres, par imprégnation, j’ai suivi son sillon. Si sa pensée ethnomusicologique m’a séduit, j’ai retenu de lui un esprit d’écoute et d’ouverture, un besoin de partager et diffuser son savoir ethnomusicologique le plus largement possible, la nécessité de transmettre de la façon la plus simple et accessible qu’il soit, et la capacité à utiliser le matériau « traditionnel » subtilement dans les processus de création. Même si mon contact ntensif avec la Mongolie m’a forgé, la présence de Hai dans ma démarche est permanente. Et pour tout cela, je le remercie infiniment. Au moment où paraissent aux Etats-Unis deux ouvrages rétrospectifs sur ses principaux travaux (2018a et 2018b), puisse cet entretien lui rendre hommage à un tournant de sa vie.J.C

JOHANNI CURTET & TRAN QUANG HAI , 2018 PARIS

extrait de l’article de Johanni Curtet : “Tran Quang Hai: Explorateur de l’oralite”, Cahiers de l’ethnomusicologie n°32, Geneve, 2019

JOHANNI CURTET’s appreciation, 2019

Au début des années 1990, alors que je menais des expériences vocales adolescentes, je suis tombé sur un reportage à la télévision dans lequel un homme, asiatique, présentait une technique vocale étrange dans une démonstra-tion basée sur la mélodie de l’Hymne à la Joie de la 9e Symphonie de Beethoven. Fasciné par ce son, je l’appris en autodidacte, sans me préoccuper de savoir com-ment cela se nommait, ni d’où cela venait. Des années plus tard en 2003, après être entré à l’Université Rennes 2, et au moment de préparer une recherche pour le Master, je réalisai que mon nouveau tuteur, Tr1n Quang H2i, n’était autre que cette personne « vue à la télé ». Ce fut le début de nos rendez-vous réguliers au Musée de l’Homme, autour du sonagraphe, mais aussi des enregistrements d’archives dont il s’occupait. Depuis nos premières rencontres, par imprégnation, j’ai suivi son sillon. Si sa pensée ethnomusicologique m’a séduit, j’ai retenu de lui un esprit d’écoute et d’ouverture, un besoin de partager et diffuser son savoir ethnomusicologique le plus largement possible, la nécessité de transmettre de la façon la plus simple et accessible qu’il soit, et la capacité à utiliser le matériau « traditionnel » subtilement dans les processus de création. Même si mon contact intensif avec la Mongolie m’a forgé, la présence de Hai dans ma démarche est permanente. Et pour tout cela, je le remercie infiniment. Au moment où paraissent aux Etats-Unis deux ouvrages rétrospectifs sur ses principaux travaux (2018a et 2018b), puisse cet entretien lui rendre hommage à un tournant de sa vie.J.C.

Extrait de l’article de Johanni Curtet : Tran Quang Hai : P résenter Tr1n Quang H2i le temps d’un entretien n’est pas un exercice facile, tant les facettes de cet étonnant personnage sont nombreuses. Je n’abor-derai pas ici sa carrière de musicien, avec ses quelques 3000 concerts ; ni celle de compositeur, avec plus de 200 chansons vietnamiennes. Je ne m’attarderai pas non plus sur les raisons de son succès reconnu par des distinctions telles que la médaille de Cristal du CNRS (1995), le Prix Spécial du khöömii à Kyzyl en République de Touva (1995), le Prix du meilleur joueur de guimbardes de Molln en Autriche (1998) et la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur (2002). Je souhaiterais insister davantage sur la période qui a construit l’ethnomusicologue et musicien que nous connaissons, né le 13 mai 1944 à Linh Dong Xa au Viêt Nam.Au début des années 1990, alors que je menais des expériences vocales adolescentes, je suis tombé sur un reportage à la télévision dans lequel un homme, asiatique, présentait une technique vocale étrange dans une démonstra-tion basée sur la mélodie de l’Hymne à la Joie de la 9e Symphonie de Beethoven. Fasciné par ce son, je l’appris en autodidacte, sans me préoccuper de savoir com-ment cela se nommait, ni d’où cela venait. Des années plus tard en 2003, après être entré à l’Université Rennes 2, et au moment de préparer une recherche pour le Master, je réalisai que mon nouveau tuteur, Tr1n Quang H2i, n’était autre que cette personne « vue à la télé ». Ce fut le début de nos rendez-vous réguliers au Musée de l’Homme, autour du sonagraphe, mais aussi des enregistrements d’archives dont il s’occupait. Depuis nos premières rencontres, par imprégnation, j’ai suivi son sillon. Si sa pensée ethnomusicologique m’a séduit, j’ai retenu de lui un esprit d’écoute et d’ouverture, un besoin de partager et diffuser son savoir ethnomusicologique le plus largement possible, la nécessité de transmettre de la façon la plus simple et accessible qu’il soit, et la capacité à utiliser le matériau « traditionnel » subtilement dans les processus de création. Même si mon contact ntensif avec la Mongolie m’a forgé, la présence de Hai dans ma démarche est permanente. Et pour tout cela, je le remercie infiniment. Au moment où paraissent aux Etats-Unis deux ouvrages rétrospectifs sur ses principaux travaux (2018a et 2018b), puisse cet entretien lui rendre hommage à un tournant de sa vie.J.C

JOHANNI CURTET & TRAN QUANG HAI , 2018 PARIS

extrait de l’article de Johanni Curtet : “Tran Quang Hai: Explorateur de l’oralite”, Cahiers de l’ethnomusicologie n°32, Geneve, 2019

CÉRÉMONIE DES CHAKRAS – par Pierre Redon & l’Ensemble “9”

CÉRÉMONIE DES CHAKRAS – par Pierre Redon & l’Ensemble “9”

304 vues•5 févr. 2020 6 1 Partager EnregistrerLes Sœurs Grées – Marche Sonore Pierre Redon 18 abonnés Avec les musiciens de l’ensemble “9”, en réharmonisant vos centres énergétiques au son des shengs et des bols de cristal, vous augmentez votre vitalité et l’incarnation de soi.

Johanni Curtet et Quang Hải Trần: Trần Quang Hải, expérimentateur de l’oralité

Anciennement Cahiers de musiques traditionnellesSommaire32 | 2019
Migrants musiciens
Entretien

Trần Quang Hải, expérimentateur de l’oralité

Johanni Curtet et Quang Hải Trần p. 247-267 Extrait du texte | Citation | Auteurs

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Ce document sera publié en ligne en texte intégral en octobre 2021.

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Présenter Trần Quang Hải le temps d’un entretien n’est pas un exercice facile, tant les facettes de cet étonnant personnage sont nombreuses. Je n’aborderai pas ici sa carrière de musicien, avec ses quelques 3000 concerts ; ni celle de compositeur, avec plus de 200 chansons vietnamiennes. Je ne m’attarderai pas non plus sur les raisons de son succès reconnu par des distinctions telles que la médaille de Cristal du CNRS (1995), le Prix Spécial du khöömii à Kyzyl en République de Touva (1995), le Prix du meilleur joueur de guimbardes de Molln en Autriche (1998) et la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur (2002). Je souhaiterais insister davantage sur la période qui a construit l’ethnomusicologue et musicien que nous connaissons, né le 13 mai 1944 à Linh Dong Xa au Viêt Nam.

Au début des années 1990, alors que je menais des expériences vocales adolescentes, je suis tombé sur un reportage à la télévision dans lequel un homme, asiatique, présentait une technique vocale étrange dans …Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Johanni Curtet et Quang Hải Trần, « Trần Quang Hải, expérimentateur de l’oralité », Cahiers d’ethnomusicologie, 32 | 2019, 247-267.

Référence électronique

Johanni Curtet et Quang Hải Trần, « Trần Quang Hải, expérimentateur de l’oralité », Cahiers d’ethnomusicologie [En ligne], 32 | 2019, mis en ligne le 01 octobre 2021, consulté le 11 février 2020. URL : http://journals.openedition.org/ethnomusicologie/3654Haut de page

Auteurs

Johanni !curtet & tran quang hai

Johanni Curtet

Johanni CURTET, docteur en musicologie, est chercheur associé à l’EA Histoire et critique des arts, Université Rennes 2. Ethnomusicologue spécialiste du khöömii (chant diphonique mongol) et de la Mongolie, ses recherches portent notamment sur la transmission, l’histoire, le timbre vocal, la spectacularisation, l’institutionnalisation, la patrimonialisation et le processus compositionnel dans cette tradition. Il est aussi enseignant du chant diphonique (Cité de la musique, Université Rennes 2, etc.) musicien, producteur, et directeur artistique de Routes Nomades.

Quang Hải Trần

Tran Quang Hai , né le 13 mai 1944 à Linh Dong Xa au Viêt Nam, est un ethnomusicologue dont le domaine de recherche est la musique vietnamienne, la musique asiatique, et le chant diphonique sibérien. Il a été ethnomusicologue au Centre de recherche en ethnomusicologie (CNRS) de 1968 á 2009 et a pris sa retraite en mai 2009.

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Droits d’auteur

Tous droits réservés

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Music and Dance from Mongolia, Feb 14th, 6pm Bayard Sharp Hall, University of Delaware, USA

Music and Dance from Mongolia, Feb 14th, 6pm Bayard Sharp Hall, University of Delaware, USA. Please spread the word!