GILLES LEOTHAUD : Les musiques vocales de tradition orale sous l’angle de la technique d’émission

Les musiques vocales de tradition orale sous l’angle de la technique d’émission

Publié le 3 mars 2006 par stephen0711

Il s’agit de notes prises lors du cours de M Gilles Léothaud. Je tenais à rendre hommage à cet homme exceptionnel, à ce professeur passionné, à ce musicien averti qui a dû captiver plus d’un étudiant. Merci M Léothaud !

La liste des cours en ligne (en format PDF) est disponible à l’adresse suivante :

http://www.paris4.sorbonne.fr/e-cursus/texte/CEC/Gleothaud/leothaud.htm

Les musiques vocales de tradition orale sous l’angle de la technique d’émission

Le travestissement vocal. Thématique du masque

  • Période magdalénienne (Lascaux –16 000, les 3 frères –12 000). Première figuration d’un instrument de musique dans l’histoire de l’humanité (arc en bouche). Sorcier masqué (tête de cervidé) qui pousse un troupeau de bisons.
  • Caractère quasiment universel
  • Signification. Passif : dissimuler, transfiguration faciale ou à l’ensemble du corps. Aspect tardif et moins important. Actif : outil qui aide ou qui provoque la transmutation (elle est secrète) de la personnalité de celui qui le porte. Il transforme. C’est un médium.
  • Les femmes sont exclues de ce processus car elles crée de enfantes : pas de contacts entre l’être créateur et le monde de l’haut delà.
  • Le masque en matière vocale prend un sens plus métaphorique
  • Cinq groupes de procédé pour masquer sa voix :
  1. Technique vocale (volontaire, dans un état normal)
  2. Absorption de substances (résultat plus ou moins définitif)
  3. Par crise (perte de la volonté directe, transe, possession, extase)
  4. Mutilation, castration
  5. Altération de l’onde sonore déjà émise par la voix. Déformation acoustique

5.1.      Mains

5.2.      Dispositif matériel extérieur au corps

5.2.1.           Masque

5.2.2.           Altérateur de voix

5.2.2.1.      Récipient, contenant

5.2.2.2.      Porte-voix

5.2.2.3.      Casque

5.2.3.           Système excitateur (système producteur de son : exemple : voix + flûte)

5.2.4.           Mirliton : faire vibrer une membrane au moyen d’une onde sonore déjà existante

5.2.5.           Microphone

5.3.      Emission dans un milieu autre que l’aire

5.4.      Choix spécifique d’un lieu à l’acoustique spéciale

5.4.1.           Lieu très réverbérant

5.4.2.           Lieu très assourdissant (voix de statues, voix en terre)

 

 

 

 

Le mixage voco-instrumental

I Mixage voco-instrumental par fusion

 

  1. avec résonateur rapporté

 

  1. avec système excitateur ajouté

Cette technique suit la route de la soie (entre la Chine et l’Occident). La Bachkirie (ancienne république socialiste autonome de Russie), devenue aujourd’hui le Bachkortostan (à l’ouest de l’Oural, à côté du Turkestan, à la frontière de la Sibérie). On utilise dans ce pays une technique de chant dans la flûte très élaborée. Flûte Kurai : tige d’angélique séchée jouée de façon oblique avec la langue enroulée, la mains droite tenant la flûte en supination, la main gauche réalisant le jeu. Utilisation de deux techniques : accompagnant réciproque voix/flûte : inversement de perspective sonore (chant diphonique, bourdon). Chacune des perspectives est utilisée à des fins esthétiques, techniques organisées au sein d’une strophe. Cette technique se trouve aussi ailleurs : Mélanésie, Afrique, très peu en Europe.

 

  1. Avec mirliton
  2. V. + conduit pharyngo-buccal  +             mirliton

Son primaire         +             son vocal                              +             surmodulation

Le mirliton est un surmodulateur : action sur un son qui existe déjà. Dispositif présent :

  • Pour des résonateurs d’instruments à percussion : xylophone à résonateur multiple (sous chaque lame), toms percés d’un trou recouvert d’une membrane qui sert de mirliton
  • Sur instrument à vent : flûte chinoise avec un trou entre k’embouchure et le premier trou d’intonation, recouvert d’une membrane. Plus subtil.
  • Dans le jeu du peigne
  • Dans les violons à mirlitons : en Transylvanie.

è système universellement utilisé, organologiquement classé dans les membranophones soufflés.

La membrane possède plusieurs origines :

  • Aile de chauve-souris
  • Membrane tissée par les araignées pour protéger leur cocon
  • Péritoine de Sibissi (grand rongeur)
  • Feuille de papier à cigarette / soie
  • Pelure d’oignons de nénuphar (flûte chinoise)

En occident : jeu d’enfant, kazoo, instrument profane. Chez les Baoulés de Côte d’Ivoire : connotation très très forte. Os de toucan + enveloppe de cocon d’araignée. Les voix groupées par deux sont jouées en tierces parallèles. La tierce est caractéristique des Baoulés (¹ chant en quartes parallèles des Guéré). Le rituel Baoulé consiste en un dialogue de deux esprits protecteurs. Représentation symbolique des esprits (épidémie, empoisonnement, adultère) : Pondo Kaku (mirliton), Gooli (tambour à friction).

Mixage voco-instrumental par décalage temporel

Alternance tellement rapide qu’elle est perçue comme voix unitaire. è technique du hoquet voco-instrumental.

Hoquet simple ou monodique. Réalisé par un seul individu : pygmées de la forêt équatoriale M’Benzele. Dispositif : simple rameau de 7 à 8 cm de long, creux, ouvert aux deux bouts, utilisé comme un sifflet (hindewou), qui alterne avec la voix (voix de fausset). Aussi chez les pygmées Aka avec le sifflet Mobeke

Publié dans ETHNOMUSICOLOGIE

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